8 déc. 2011

S P A C E O P É R A

lisaa_spaceopera
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Space Opéra est une installation du collectif Théâtre électronique dirigé par YANN ROCHER, architecte et artiste sonore. Il travaille en collaboration avec Grégoire CARPENTIER, compositeur et ingénieur, Hervé BERENGER, ingénieur et informaticien ainsi que Xavier SEURRE et Charlotte LEGAULT. Installé à Paris, Yann Rocher a été diplômé en études d’architecture et d’acoustique musicale avant de développer sa thèse à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a collaboré avec de nombreux architectes et orchestres internationaux sur des projets d’opéras, théâtres et salles de concerts tel que Yaying Xu entre 1997 et 2001. Cela fait maintenant quelques années qu’il développe des projets d’installations dans le cadre du collectif Théâtre électronique, avec des thèmes comme la voix et le corps, l’architecture des lieux de spectacle ou encore les mythes musicaux. Il enseigne actuellement à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Malaquais dans le cadre du Master « Scène,art, architecture ».

Cette installation fait partie d’une des cinq expositions consacrés au festival Cultures Electroni(K). Elle est installée dans la rotonde de l’opéra de Rennes. Elle comporte sept «telluriums» et sept sphères lumineuses et sonores en rotation et révolution sur un fond noir. Un système informatique calcule et dirige la machine par le biais de rouages et de haut-parleurs. Chaque tellurium s’anime l’un par rapport à l’autre, certains sont aigus,d’autres graves, tous ont le son d’un instrument qui leur est propre. Comme on peut le voir sur les photos, l’installation a été placée sous la rotonde l’opéra de rennes pour pouvoir retransmettre le son espéré par l’artiste. Effectivement, Yann Rocher s’est inspiré du compositeur allemand STOCKHAUSEN (1928-2007) qui construisait son travail autour de la musique électroacoustique et de la spatialisation du son, en ne le retransmettant uniquement que dans des lieux à l’espace rond.

Ici, chaque tellurium représente un « opéra » de musique électronique de STOCKHAUSEN. Chacun d’eux s’animent au son d’une partition qui se renouvelle à chaque cycle tel que la naissance de l’univers , des collisions atomiques, l’explosion, le vieillissement et la mort. Le balais dégénère en une mécanique d’horlogerie suivant les précédents thèmes jusqu’à ce que le tempo se synchronise, ralenti et sonne l’heure de l’agonie.

Un mouvement entraîne un son et donc chaque tellurium devient un instrument de l’orchestre: tuba, violoncelle, trombone, clarinette, basse, alto, violon, piccolo. Figurant les derniers instants des étoiles, accompagnés par des sons très longs qui peu à peu s’éteignent, cet ensemble de musiques aléatoire des machines provoque ainsi un résultat sonore différent et unique à chaque représentation. Nous avons trouvé cette exposition intéressante dans le sens ou le lieu était approprié en terme d’acoustique grâce à la bonne résonance créé par la rotonde mais pour les jeux de lumière et d’ombres, l’en droit était trop éclairé.

Le mécanisme des machines est assez impressionnant, au départ il paraît un peu rudimentaire, puis en s’approchant on comprend en voyant les rouages le travail presque d’horlogerie qu’a eu à faire Yann Roger. Parmi toutes ses contraintes il a réussi à s’adapter, même si en définitive, il ne faisait donc pas assez sombre, et il y avait trop de passage qui venait nuire à la concentration que l’exposition exigeait.

Cet article a été écrit par Annabelle Bihan, Jean-Baptiste Buchoux, Coline Lehay / étudiant en AD3
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