25 juin 2014

Indiens des plaines - Quai Branly

Indiens des plaines est une exposition fascinante qui a croisée mon chemin lors de ma première visite au Quai Branly.

L’exposition étant temporaire, elle est située au rez de chaussé. L’accueil passée, on ne peut s’égarer grâce à la lumière qui anime le premier couloir. Confiné, presque intimiste, nous voilà plongé dans le récit historique des premiers américains.

Écrits noirs encrés sur un froid voile beige et une lumière vigoureuse, le contenant est à l’image du contenu: académique. Une remise à niveau effectuée, j’aborde l’ouverture d’une première salle. La lumière tamisée incite les spectateurs à parcourir l’ensemble de manière studieuse. Les uns plongent dans une lecture qui marque l’admiration nouvelle, les autres laissent échapper des regards émerveillés sur chaque découverte.

La scénographie peut en être remerciée, à seulement quelques centimètres de nous se trouve des travaux artisanaux méticuleux. Seul un cube de verre nous sépare du pécher. Cube qui tend à disparaître grâce à la surélévation des pièces maîtresses qui hausse l’œuvre jusque au regard et va s’éteindre dans les hauteurs.

Des lumières, camouflées sur un plafond plongé dans la pénombre, sont méticuleusement orientées pour donner vie aux plumes, perles et autres coquillages. Le voyage se prolonge au bord de courbes qui nous prennent en leurs creux, on succombe alors au charme de tentures accrochées sans artifices ni ornements. Il n’est question que d’admirer la beauté du travail accomplit, de la plus simple des manières.

Nous voilà ensuite projeté dans une deuxième salle, la lumière y est délicatement plus présente et elle est nécessaire pour donner toute sa prestance à d’immenses cadres de verre placés horizontalement presque à même le sol. Pour un confort visuel les œuvres y sont, à l’intérieur, redressées sur une subtile pente en velours noir.

Le spectaculaire cadrage capte alors la subtilité d’un écrin précieux. La troisième pièce est majestueuse. Par sa hauteur de plafond et par son éclairage intense qui se reflète sur un sol laqué blanc jusqu’alors insoupçonné, je prédis la fin du périple à travers les grandes plaines d’Amérique. Le circuit est tracé grâce à de longues vitrines de verre qui nous plongent, l’esprit curieux, dans le rythme quotidien des apaches. L’intimité est donc présente mais l’ambiance n’en fait pas son témoin et la désagréable sensation d’être guidée vers la sortie comme après une séance de cinéma se fait sentir.

La scénographie d’Indiens des plaines se sera fait prendre à son propre jeu. Celui de créer une parenthèse dans le temps, comme déconnecté du reste du musée, où les reliques de l’histoire nous sont enseignés comme par chance et dont il est difficile de se défaire lorsque les lumières se rallument et que les rideaux tombent.

Cet article a été écrit par Bodin Noëline étudiante en AD3.
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