27 nov. 2014

Portrait - Sophie Ricard

Elle a la trentaine, elle est rousse, pas très grande, mais dès le premier échange de regard elle vous impressionne par tant d'audace. Sophie Ricard est ce que l'on peut appeler une architecte nomade.

Cela fait maintenant six ans qu'elle travaille auprès de Patrick Bouchain. Tout comme lui, elle a pour adage de « partir de l'existant », de « reconstruire l'Histoire, sur l'Histoire » même si cette dernière se trouve dans un état ruinaire. Car pour la jeune trentenaire, le développement durable se trouve ici, dans ce qui « est déjà là ». Dès lors, les lieux industriels peuvent eux aussi être des lieux culturels, où les possibilités d'outre passer certaines consciences pré-établies par l'architecture contemporaine sont infinies. 
Dans sa volonté de théoriser autant que de pratiquer, Sophie n'a ainsi pas hésité à expérimenter des approches de l'architecture on ne peut plus atypiques. C'est ainsi qu'elle devient une habitante du n°5 de la rue Auguste Delacroix à Boulogne sur mer en 2006, afin de tester la permanence architecturale.

Décidée à sauver cette rue insalubre et le patrimoine de ses habitants pour la plupart ouvriers, Sophie créera une œuvre commune ouverte au public. C'est dans cette même démarche qu'elle propose de « sortir les savoirs des universités pour répondre à une problématique commune ».

Refusant de figer l'architecture de l'Université Foraine, Sophie désire au contraire en faire un carrefour culturel, politique et social. Bref, un lieu qui vit au rythme de ses habitants éphémères. Si bien qu'il faille surtout empêcher l'uniformisation massive de nos espaces. Il faut les « dénormer ». Il faut entamer une révolution contemporaine au nom du savoir faire. Il faut que ces espaces deviennent nos miroirs. Parce que ça « c'est fondamental ».

Article : Amélie Cospérec
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